Devinette : qu'est-ce qui a grossi de façon exponentielle, mais sans changer de taille ? Réponse : la facture d'énergie de votre entreprise. Bien qu'elle tienne toujours sur un format A4, son montant a explosé depuis 2022, atteignant des records historiques pour le gaz comme pour l'électricité. La fragilité des contrats et le manque d'anticipation des professionnels sont apparus au grand jour, causant nombre de défaillances et de faillites.

Cela, vous le savez déjà. En tant que dirigeant, responsable financier / DAF ou membre du service comptabilité, vous avez stressé à l'annonce de chaque événement géopolitique, évolution des chiffres du Covid-19 ou décision concernant les politiques publiques touchant les entreprises. Vous avez, bon an mal an, ajusté réduit les budgets de fonctionnement, de recrutement et d'investissement pendant plusieurs exercices fiscaux.

Cela, Trajectoire Carbone le sait déjà. Le réflexe de repli sur soi, salvateur dans une certaine mesure et dans certains cas, a sauvé quelques professionnels. Mais, tout comme le Prêt Garanti par l'État, son effet n'a été que temporaire et sans impact sur les causes structurelles. Pour une entreprise non préparée à affronter les défis énergétiques, le danger est toujours présent.

En réalité, le véritable problème n'est pas de réduire la facture d'énergie de votre entreprise. Seuls quelques faiseurs de miracles autoproclamés vous font cette promesse. L'enjeu est de protéger votre société contre la volatilité des prix de l'électricité et du gaz. C'est moins aguicheur, certes, mais plus réaliste. La question qui se pose alors est : comment faire ?

Facture d'énergie : reprenez le contrôle

Avant de détailler les raisons qui justifient d'agir sur le spectre complet des thématiques pesant sur vos factures énergétiques (voir plus bas), entrons directement dans le cœur opérationnel du sujet. Vous voulez desserrer l'étau qui comprime vos finances et entrave votre développement, mais vous ne savez pas quoi faire. Trajectoire Carbone non plus.

Poser un diagnostic

Personne ne peut le savoir tant qu'une analyse approfondie n'est pas faite de la situation de votre entreprise. Elle est en effet indispensable pour estimer les volumes et l'efficience des consommations d'énergie.

L'outil de diagnostic le plus évident est l'audit énergétique. Mené dans le respect des normes, celui-ci révèle les postes énergivores et propose des scénarios d'optimisation. L'audit énergétique identifie en moyenne un potentiel d'économies d'énergie compris entre 10 et 20 % pour un site industriel ou tertiaire. Il a également pour atout d'être lisible et utile pour un directeur financier (chiffrage, ROI...) comme pour un directeur technique (actions, process et outils à challenger).

Bâton de pèlerin à la main, nous prêchons cependant aux chefs d'entreprise et à leurs équipes dirigeantes de ne pas se tromper de cible. Réaliser uniquement un audit énergétique ne suffira pas à faire baisser de façon pérenne la facture d'énergie de la société. Ce serait oublier un aspect essentiel : le coût carbone.

Pourquoi impliquer les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans un propos dédié aux factures d'énergie des professionnels ? Parce que c'est le même sujet, pardi. L'optimisation énergétique et la décarbonation sont liées intimement : agir sur l'une a des conséquences sur l'autre.

  • Exemple 1 – Énergie > Carbone. Consommer une énergie renouvelable (vs une énergie grise) réduit votre empreinte carbone car les énergies EnR émettent moins de CO2, tout en contribuant au développement de nouvelles capacités bas-carbone
  • Exemple 2 – Carbone > Énergie. Travailler sur la circularité allège le Scope 3 de votre bilan carbone tout en réduisant la facture d'énergie car les consommations diminuent : plus d'efficience (optimisation des flux et des ressources), moins de gaspillage, etc.

Voilà pourquoi la trajectoire à suivre par les entreprises est inscrite en lettres d'or dans l'expression transition énergétique bas-carbone. Et donc, voilà pourquoi il est recommandé de mettre des chiffres sur vos émissions de GES à l'aide d'un Bilan Carbone® conforme aux méthodologies de l'ADEME / GHG Protocol.

Ne pas oublier les contrats d'énergie

La partie fourniture est aussi importante pour évaluer votre exposition au marché de l'énergie. Pour l'approvisionnement en gaz et en électricité, la démarche est la même.

  • Analyser la structure et les niveaux de prix
  • Mesurer l'écart entre les consommations et les conditions de volume
  • Examiner les pénalités et les tolérances
  • Jauger les options et les services associés
Diagnostic réduction facture énergie

Attendus du diagnostic

  • Cartographie des usages, des volumes et des coûts
  • Identification des consommations et des émissions incompressibles et modulables
  • Hiérarchisation des risques économiques liés à la volatilité des marchés de l'énergie
  • Simulation des plans d'action selon les critères prioritaires définis
Focus

Leviers pour réduire la facture d'énergie de l'entreprise

L'optimisation passe par une approche technique et financière où chaque action doit générer une économie sur la facture, à plus ou moins long terme. Elle nécessite une stratégie globale coconstruite avec les dirigeants et le pilotage d'un expert de l'énergie et de la décarbonation, disons Trajectoire Carbone par exemple.

La réduction des factures d'énergie est un objectif dont le succès repose sur 4 piliers principaux : le contrat, la sobriété, l'efficacité et la production d'énergie décarbonée. En fonction des résultats et des recommandations du diagnostic évoqué plus haut, différents leviers sont à activer. Mais pas de façon désordonnée : la planification et le timing sont fondamentaux pour maximiser le ROI de la démarche et accélérer la décarbonation.

Avant d'engager des dépenses d'investissement (CAPEX) importantes, il existe des gisements d'économie significatifs et immédiats qui ne requièrent qu'une analyse fine et une mobilisation modérée. Ces "quick wins" sont essentiels pour générer des liquidités, autofinancer en partie les opérations à plus long terme et créer une dynamique positive au sein de l'entreprise.

Des sources de financement sont mobilisables, tenez-en compte dans votre analyse en amont. Par exemple les aides de l'ADEME (Fonds Chaleur, etc.), des prêts à taux réduits ou le mécanisme de subvention des CEE (Certificats d'Économie d'Énergie). Ces coups de pouce sont relatifs à des projets spécifiques, vous devez les solliciter via des dossiers administratifs distincts.

Contrat d'énergie

Votre contrat d'énergie est un contrat. Comme tout contrat, il se négocie et s'optimise. De nombreuses entreprises paient un surcoût non pas à cause de leur consommation, mais en raison d'une structure contractuelle inadaptée. Si vous êtes dans ce cas, la phase d'audit a détecté les problèmes et proposé des pistes d'amélioration.

Stratégie Typologie du contrat

Dans un marché extrêmement volatil, le choix entre un contrat à prix fixe (stabilité budgétaire), un contrat à prix indexé (opportunité de bénéficier des baisses, mais avec un risque) ou mixte est une décision lourde. Avec une stratégie de couverture adaptée, le risque financier est maîtrisé et piloté.

Optimisation Puissance souscrite

Une part importante de votre facture d'électricité est un coût fixe lié à l'acheminement : le Tarif d'Utilisation des Réseaux Publics d'Électricité (TURPE). Une analyse de vos courbes de charge peut révéler que la puissance souscrite est inadaptée. Ajuster le TURPE génère une économie immédiate.

Opportunité Optimisation fiscale

Une analyse des taxes (droits d'accise sur l'électricité et sur le gaz) intégrées à vos factures d'énergie dévoile des opportunités d'exonération ou de taux réduits pour certaines activités spécifiques. Vous bénéficiez alors d'un allègement fiscal et du remboursement rétroactif des trop-perçus.

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Sobriété énergétique

Un levier d'économie gratuit et efficace, ça vous dit ? C'est ce qu'offre une politique active de sobriété, basée sur des bonnes pratiques et des gestes simples et accessibles dont le cumul a un impact conséquent. En voici quelques exemples.

  1. Chauffage

    Appliquer une consigne de 19°C dans les bureaux occupés. Chaque degré de chauffage en moins représente 7 % d'économies sur ce poste.

  2. Numérique

    Limiter l'envoi de mails avec de pièces jointes lourdes. Cela libère de la bande passante (facteur 1 à 10) et limite l'espace nécessaire pour le stockage.

  3. Équipements

    Instaurer une politique d'extinction systématique des ordinateurs, écrans et lumières en fin de journée. Un photocopieur, par exemple, consomme 80 % de son énergie en mode veille.

  4. Mobilité

    Favoriser la mobilité durable des collaborateurs (télétravail, covoiturage, transports en commun, vélo). En 2023, le covoiturage sur courte distance a permis d'éviter l'émission de 29 000 tonnes de CO2.

Attention toutefois, la sobriété énergétique ne va pas de soi. Elle nécessite un cadre et un process impulsés par la direction et relayés par le management ainsi qu'une exemplarité à tous les niveaux. Sinon, la réduction de la consommation d'énergie sera synonyme de dégradation (de la qualité des services et des produits, du climat social, etc.).

Efficacité énergétique

Contrairement à la sobriété, les actions d'efficacité énergétique demandent un investissement initial. Leur ROI est plus ou moins rapide, mais les effets sont durables. L'efficacité énergétique est au cœur des stratégies de décarbonation des entreprises, car elle cible directement les plus gros postes de consommation. La liste des champs à explorer est longue et propre à chaque société, bien que certains domaines concernent la plupart des professionnels.

  • Isolation des bâtiments pour limiter les déperditions de chaleur
  • Remplacement des systèmes de chauffage / climatisation, de ventilation ou d'éclairage par des solutions plus économes en énergie
  • Optimisation des procédés industriels, comme la récupération de chaleur fatale ou l'installation de moteurs à haut rendement

Chaque kilowattheure qui n'est plus consommé est un kWh dont le prix n'est plus à payer, et dont le prix ne pourra plus augmenter. S'engager dans une trajectoire d'efficacité énergétique revient de fait à se prémunir de coûts et de fragilités sur le long terme.

Profiter du soleil pour réduire votre facture d'électricité

Solution mature, économiquement viable et stratégiquement pertinente, l'autoconsommation séduit de plus en plus d'entreprises. Malgré les dérives notables, conséquences d'un boom médiatique et de l'inévitable effet d'aubaine provoqué par les subventions accessibles, la balance penche en faveur de l'énergie solaire. Laquelle constitue, à défaut d'être la seule, la principale ressource pour un projet d'autoconsommation. Avec une souplesse appréciable à tous les niveaux.

  • Producteur / Consommateur. Le choix est triple entre ces deux positions. Vous pouvez être soit l'un, soit l'autre, soit les deux. La décision à prendre est stratégique. Elle s'appuie sur des données factuelles issues de la phase de diagnostic, sur les objectifs à atteindre d'un point de vue énergétique (consommation, économies) et de décarbonation (émissions Scopes 2 et 3) et sur la politique de développement instaurée par les dirigeants. Dans les faits, cela se traduit par de l'autoconsommation sur site avec ou sans revente, un contrat d'acheteur ou de vendeur sous forme de PPA (Power Purchase Agreement) ou de vPPA (version virtuelle du PPA), un projet de stockage par batteries ou l'installation de bornes de recharge.
  • Économies / Génération de revenus. L'énergie produite par les panneaux solaires ne suffira pas à combler tous vos besoins. Voyez plutôt cela comme un complément et une part intéressante de votre stratégie de couverture pour atténuer la dépendance au marché, donc à la volatilité des prix. Selon le volume de production vs le volume consommé, le surplus de production d'électricité peut être vendu à un fournisseur, à un agrégateur ou à acheteur PPA / vPPA. En plus de réduire votre facture d'énergie, l'autoconsommation vous fait gagner de l'argent.
  • Solitaire / Collectif. L'autoconsommation est parfois trop lourde financièrement pour une seule entreprise, mais abordable quand le projet est collectif. Les investissements sont partagés, de même que la production et les bénéfices. L'autoconsommation collective exige cependant un cadrage strict au niveau contractuel et de gouvernance.
  • Énergie / Carbone. L'installation de panneaux photovoltaïques sur le toit d'un bâtiment ou d'une ombrière de parking diminue la part d'électricité devant être achetée sur le marché. Elle améliore également le bilan carbone de la société puisque l'énergie consommée est verte et certifiée en tant que telle par des garanties d'origine.
TC LB1
ÉNERGIE – CARBONE
> GUIDE DE SURVIE POUR LES PROFESSIONNELS

Piloter votre transition énergétique

Pour valider les résultats, et mesurer les efforts effectués, mettez en place des indicateurs de suivi. Les informations sont récoltées et centralisées idéalement dans un outil d'energy management avec une visualisation en temps réel des données via des tableaux de bord thématiques et généraux. Vous passez ainsi d'une gestion énergétique curative (post-facturation) à un pilotage prédictif.

  • Détecter instantanément toute dérive de consommation
  • Identifier les gaspillages "invisibles" (exemple : équipements fonctionnant en dehors des heures d'activité)
  • Optimiser les réglages en continu

Cette maîtrise dynamique et proactive est un atout majeur de compétitivité et de résilience opérationnelle. La data est utilisée par le service comptable pour évaluer les économies réalisées et la réduction précise de la facture d'énergie. Selon l'ADEME, la sensibilisation des collaborateurs aux bonnes pratiques fait baisser la consommation d'une entreprise de 10 % à 15 %.

Tenir le cap
&
Tenir la barre

COPIL réduire facture énergie

La création d'un comité de pilotage pour superviser la démarche de sobriété énergétique est aussi recommandée. Son lien direct avec les directions générale, RSE et RH (liste non exhaustive) est primordial, via des reportings ou la représentation de ces instances en son sein. Le rôle du COPIL est de relayer les directives et les remontées terrain, d'accélérer les arbitrages et de prévenir les dérives tout en garantissant l'alignement avec les objectifs fixés. Il est donc bien utile, pas de doute.

Communiquer sur votre trajectoire éco-responsable

Les efforts consentis pour réduire votre facture énergétique sont en plus des actions concrètes de décarbonation. Ne pas les mettre en avant serait une occasion manquée de valoriser votre entreprise. Une stratégie de communication RSE efficace transforme vos investissements techniques en capital immatériel. Elle fédère vos équipes autour d'un projet porteur de sens, à même de fidéliser et d'attirer des talents.

En externe, cette communication renforce votre image de marque auprès des clients, des partenaires et des investisseurs. Vous faites savoir à votre écosystème que votre entreprise est engagée dans une trajectoire bas-carbone crédible. C'est un critère fondamental dans le cadre de la CSRD pour garantir votre place dans la chaîne de valeur de vos donneurs d'ordre.

! Allez, let's go, vamos, andiamo, etc.

Nous sommes bien loin de la simple réduction de facture, n'est-ce-pas ? Pourtant, celle-ci a toujours été le sujet central (mais pas le seul), la colonne vertébrale (ou au moins plusieurs vertèbres et quelques côtes), la motivation (prioritaire probablement) et avant tout le point de départ de la démarche décrite ci-dessus.

Vouloir payer moins cher votre gaz naturel et votre électricité vous amène à challenger tous les services de votre entreprise et toutes les strates de votre organisation. Cela vous semble sans doute vertigineux, voire décourageant, alors que c'est tout le contraire.

  • Ancien monde. Vous ne changez rien, peut-être faites-vous appel à un courtier pour mettre en concurrence certains fournisseurs d'énergie. Dans le meilleur des cas, vous sécurisez vos tarifs d'approvisionnement (ce qui ne signifie pas mathématiquement que votre facture d'énergie baisse, notez-le bien). Et puis, un jour, vous vous réveillerez. Ne nous le cachons pas, ce sera brutal.
  • Nouveau monde. Vous acceptez que Rome ne s'est pas faite en un jour, tout en retroussant vos manches. Vous prenez les choses par le bon bout (rendez-vous plus haut sur cette page, partie "Poser un diagnostic" et vous déroulez jusqu'au bout) et vous vous lancez. Conseil (tout à fait intéressé) : faites-vous accompagner par des experts de l'énergie et de la décarbonation pour les professionnels. Nous en connaissons plusieurs dans notre entourage qui sont en plus aimables, parfois drôles, et toujours efficaces.

Le jeu en vaut la chandelle, et les résultats sont la plupart du temps visibles et convertis en réductions et économies mesurables. C'est un élément essentiel pour entretenir la motivation des parties prenantes, car ils voient que ça fonctionne.

Tout le monde est là ?

Oui. Réduire sa facture d'énergie est un but partagé par tous les professionnels, ainsi que par les collectivités. La pression de la décarbonation et la volatilité des prix de l'énergie rendent cet enjeu incontournable et urgent.

Grandes entreprises et les ETI

Les grandes entreprises et les ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) sont les premières ciblées par la réglementation, notamment le décret tertiaire et la directive CSRD. Elles sont soumises à des obligations de reporting strictes sur leur consommation d'énergie et leurs émissions de GES.

Pour elles, l'optimisation énergétique est un enjeu de conformité et un levier de création de valeur pour se différencier sur les marchés financiers. Ces entreprises s'engagent donc pleinement dans une trajectoire de transition énergétique bas-carbone.

PME / TPE

Même si elles ne sont pas toujours soumises directement aux obligations réglementaires des grandes entreprises, les PME / TPE sont de plus en plus incitées à agir. D'abord parce que l'augmentation des prix de l'énergie a un impact direct sur leur rentabilité. Ensuite, elles sont indirectement impactées par les exigences de leurs clients, qui exigent des données sur leur performance énergétique et leur empreinte carbone pour leur propre reporting. Anticiper cette demande en mettant en place un plan d'action Énergie / Carbone est la meilleure façon de préserver la rentabilité à court, moyen et long terme de l'entreprise : avantage compétitif, accès à de nouveaux marchés, etc.

Secteur public

Les collectivités ont un rôle d'exemplarité à jouer. Elles sont non seulement de grandes consommatrices d'énergie (bâtiments publics, éclairage urbain, flottes de véhicules), mais elles sont aussi les moteurs de la transition énergétique sur leur territoire. Elles accompagnent les entreprises dans leur démarche en orientant les appels d'offres publics vers des solutions sobres en énergie, en créant des écosystèmes d'innovation, et en proposant des financements adaptés.

Dernier rappel

La réduction de la facture d'énergie de votre entreprise est un processus qui sert à la fois les impératifs financiers et les objectifs climatiques. Si vous faites bien les choses, vous gagnez sur tous les plans et tout le monde vous aime : salariés, partenaires, donneurs d'ordre et investisseurs.

Solidité financière

La crise énergétique que nous traversons a montré la vulnérabilité des professionnels face à la volatilité des prix. Vous aurez compris, à ce stade de notre exposé, que sécuriser votre approvisionnement et vous protéger des aléas du marché n'est qu'une des composantes de la baisse des factures. En œuvrant de façon globale et spécifique, vous consolidez votre assise financière et vous améliorez votre bilan comptable sur la durée.

Compétitivité & attractivité

Les sociétés les plus sobres et les moins dépendantes aux énergies fossiles ont un avantage compétitif qui booste leur développement commercial. Les banques et les investisseurs privilégient en effet les professionnels avec une stratégie de transition crédible, leur accordant des financements à des conditions plus avantageuses (prêts verts, obligations vertes, conditions d'assurance bonifiées...).

L'engagement en faveur de la transition énergétique améliore également l'image de marque de l'entreprise auprès des clients et des talents. C'est un critère qui fait la différence pour gagner un projet, fidéliser ses équipes et optimiser le recrutement.

Conformité réglementaire

Les engagements européens pris par la France ont une répercussion directe sur le monde professionnel. Les textes de loi se succèdent pour inciter les entreprises à engager leur transition énergétique. C'est le cas du décret tertiaire qui fixe des objectifs de réduction des consommations à horizon 2030, 2040 et 2050. Il est accompagné par le décret BACS (Building Automation & Control Systems) qui impose l'installation d'un système de contrôle des consommations pour le chauffage et la climatisation dans les bâtiments tertiaires.

En parallèle, la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) oblige les grandes entreprises, et progressivement les autres professionnels, à publier des informations détaillées et standardisées sur leurs performances environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). L'objectif est de renforcer la transparence des rapports de durabilité et de faciliter leur comparaison, dans le but de favoriser les bons élèves.

FAQ – Réduire votre facture d'énergie
Par quoi commencer pour réduire ma facture d'énergie ?

La première étape est de comprendre où et comment vous consommez. La réalisation d'un audit énergétique par un professionnel qualifié est le point de départ indispensable. Coupler cet audit à un bilan carbone est essentiel pour traiter les problèmes de fond et anticiper les actions qui seront nécessaires — et obligatoires — à terme, quelle que soit la typologie de votre entreprise.

En quoi la réduction de ma facture d'énergie contribue à la décarbonation de mon entreprise ?

Le lien est direct. En réduisant sa consommation et en utilisant des sources d'énergie plus propres, votre entreprise diminue directement ses émissions de gaz à effet de serre. Elle se conforme ainsi aux réglementations climatiques et se positionne comme un acteur de la transition.

Quelles sont les principales aides financières ?

Les professionnels ont accès à plusieurs solutions pour financer leurs projets d'efficacité énergétique et de décarbonation, sous forme de primes, de prêts à taux bonifiés ou de subventions. Les principales sont les Certificats d'Économie d'Énergie (CEE), les aides de l’ADEME (Fonds Décarbonation, Fonds Chaleur), les prêts de Bpifrance et les aides régionales ou locales.

Est-ce que l'autoconsommation solaire est vraiment rentable ?

Oui, sous conditions. Adaptable à quasiment tous les profils de consommation, l'autoconsommation solaire est une piste très pertinente pour réduire votre facture d’énergie. Le ROI est plus rapide qu’il y a quelques années, car, en plus des financements accessibles, le marché a gagné en maturité. Mais aussi en complexité, donc il faut faire attention au calibrage du projet et assurer un suivi rigoureux. L’autoconsommation n’est pas la martingale, c’est un investissement à mesurer qui vous engage sur plusieurs années.

Mon entreprise est-elle concernée par le décret tertiaire et le décret BACS ?

Vous êtes concerné par le décret tertiaire si vous êtes propriétaire ou locataire d'un bâtiment (ou d'une partie de bâtiment) hébergeant des activités tertiaires dont la surface cumulée est supérieure ou égale à 1 000 m2. Vous êtes concerné par le décret BACS si votre bâtiment tertiaire est équipé d'un système de chauffage ou de climatisation (CVC) d'une puissance nominale supérieure à 290 kW (plancher abaissé à 70 kW au 1er janvier 2027).

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