Réglementations qui se durcissent. Coûts énergétiques qui explosent. Donneurs d'ordre qui exigent des preuves ESG. Clients qui choisissent leurs fournisseurs sur des critères carbone. La décarbonation n'est plus un sujet de communication RSE. C'est une condition de survie économique. Parmi les solutions d'optimisation des postes énergie et carbone, les dirigeants ont le choix pour construire une trajectoire qui colle aux possibilités, ambitions et besoins de leur entreprise.
Décarbonation : agir ou subir
L’enjeu dépasse largement la protection de l'environnement. Il s'agit de protéger les marges, de garantir l'accès au financement et de rester attractif auprès de clients et de talents de plus en plus exigeants sur les critères extra-financiers. Les professionnels qui tardent à engager leur mue vers un modèle bas-carbone s'exposent à des risques systémiques.
- Fragilité économique face au contexte géopolitique, aux marchés de l'énergie, aux évolutions métier, aux impondérables...
- Perte de compétitivité face à des concurrents ayant déjà rationalisé leurs flux énergétiques
- Sanctions liées au non-respect du décret tertiaire ou de la CSRD, notamment
- Taxes carbone aux frontières
- Désengagement des salariés avec hausse du turnover et difficultés de recrutement
La décarbonation est l'outil ultime de la souveraineté industrielle et de la résilience opérationnelle des entreprises, tous secteurs d'activité confondus. En s'engageant dans une démarche de transition énergétique bas-carbone, les professionnels ne font pas que verdir leur image. Ils transforment une contrainte en un avantage structurel.
Mesure des émissions carbone
Pour piloter une entreprise, il faut des données fiables. De la même manière qu'un DAF s'appuie sur un compte de résultat, un dirigeant (ou un responsable RSE) a besoin d'un état des lieux précis de ses émissions de CO2. C'est ce que lui fournit le bilan carbone, qui est la photographie chiffrée des émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par l'activité de la société.
Un bilan carbone recense l'ensemble des sources d'émission directes et indirectes : combustibles, process de production, transports, déchets, cycle de vie des produits, etc. Cette mesure, exprimée en tonnes équivalent CO2 (tCO2e), est la première étape de toute stratégie de décarbonation crédible.
Terminologie
Il existe deux "définitions" correspondant au bilan carbone. La distinction est méconnue mais elle est d'importance.
- Le BEGES (Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre) est le terme légal défini par le Code de l'Environnement (article L.229-25). Il est obligatoire pour certaines entreprises et peut s'appuyer sur le Bilan Carbone® (vous suivez ?).
- Le Bilan Carbone® est une méthodologie développée par l'ADEME et portée aujourd'hui par l'Association pour la transition Bas Carbone (ABC). C'est la méthode la plus utilisée en France, reconnue pour sa rigueur et sa compatibilité avec les exigences réglementaires. Elle est similaire, sur le fond, au standard international GHG Protocol.
Le BEGES ne devrait pas être désigné comme un "bilan carbone" pour éviter la confusion. Mais, par usage — et parce qu'il fait tout de même le bilan des émissions carbone —, le BEGES est souvent synonyme de bilan carbone. Ce raccourci linguistique conduit à une aberration mathématique (attention aux âmes sensibles), source de confusion.
- BEGES = bilan carbone
- Bilan Carbone® = bilan carbone
- Donc : BEGES = bilan carbone = Bilan Carbone®
- Mais : BEGES ≠ Bilan Carbone®
Périmètre
Il revient au GHG Protocol (Greenhouse Gas Protocol) d'avoir créé la nomenclature qui fixe le cadre du Bilan Carbone® en 3 parties, nommées "Scopes".
- Scope 1 : émissions directes issues de la combustion sur site, des process industriels, flotte de véhicules...
- Scope 2 : émissions indirectes liées à l'énergie achetée (électricité, chaleur, vapeur, etc.)
- Scope 3 : autres émissions indirectes de la chaîne de valeur amont et aval (fournisseurs, matières premières, transport, utilisation et fin de vie des produits, etc.)
À lui seul, le Scope 3 représente la majorité du total des émissions pour la plupart des entreprises. Il pèse parfois jusqu'à 90 % de l'empreinte carbone d'un professionnel.
Étapes
Réaliser un bilan carbone rigoureux est un processus qui s'opère en plusieurs temps. Il commence par fixer les contours du projet : recenser les sites et procédés à analyser, les personnes à solliciter, etc. Vient ensuite la collecte des informations (factures, consommations d'énergie, volumes de production, données logistiques...) qui est souvent l'étape la plus chronophage. Après la phase de calcul et modélisation, place à l'analyse des résultats pour identifier les "points de douleur" et bâtir un plan de transition crédible. Cette recommandation propose plusieurs scénarios d'amélioration, chiffrés et séquencés.
Le bilan carbone n'est pas une fin en soi. C'est le point de départ d'une trajectoire qui nécessite l'implication de toute l'organisation : direction générale, achats, logistique, RH, etc.
Entreprises concernées
Le BEGES réglementaire concerne les entreprises de plus de 500 salariés, les établissements publics de plus de 250 agents, ainsi que certaines collectivités. Ces acteurs doivent le renouveler tous les quatre ans et le transmettre via une plateforme digitale dédiée. Le non-respect expose à une amende pouvant atteindre 50 000 € (100 000 € en cas de récidive), sans compter le risque d'exclusion des marchés publics — une sanction souvent bien plus coûteuse.
L'obligation de bilan carbone va s'étendre significativement à mesure que les réglementations, comme la directive CSRD, accroissent leur pression. Les professionnels qui anticipent aujourd'hui — y compris les PME non encore soumises — prennent une avance concurrentielle.
Mise en action de la décarbonation
Le bilan carbone a cartographié les gisements de CO2 et donné des pistes pour traiter les problèmes identifiés. Maintenant, vous devez décider quoi faire, dans quel ordre et comment. Le challenge est de définir une trajectoire de décarbonation cohérente avec la stratégie de l'entreprise.
Réduire ses émissions est possible par bien des moyens, avec une multitude de leviers affectant directement l'empreinte carbone et le compte de résultat. La philosophie de la démarche est de transformer la contrainte (nécessité de décarboner) en avantage compétitif (valorisation du changement apporté). En voici quelques illustrations.
Éco-conception
> Levier pour réduire le poids environnemental d’un produit ou service, en prenant en compte la totalité du cycle de vie
- Enjeu majeur pour une entreprise du textile
- Comment : privilégier des matières à faible impact et faciles à recycler, simplifier le design (moins de composants comme les boutons ou les mélanges), réduire les chutes et les teintures polluantes...
- Bénéfices : baisse des coûts de production, allongement de la durée de vie des produits, différenciation de la concurrence low cost et des dérives de la fast fashion...
- Enjeu important pour un éditeur de logiciel
- Comment : alléger le code (application mobile ou desktop, site web, API...) pour restreindre les calculs et les requêtes serveur, limiter les scripts, vidéos et images...
- Bénéfices : réduction des consommations d'énergie (donc des émissions carbone) des data centers par la baisse du volume des données à stocker, simplification de la maintenance logicielle, compatibilité longue durée avec les terminaux numériques...
Circularité
> Levier pour réduire le gaspillage, prolonger la durée de vie des produits et valoriser les déchets comme ressources
- Enjeu majeur pour une société du BTP
- Comment : choisir des matériaux biosourcés ou recyclés, s'appuyer sur des filières locales (circuits courts), organiser le tri et les process de réemploi ou recyclage des produits...
- Bénéfices : baisse des coûts d'approvisionnement et de traitement des déchets, réduction du transport et des émissions de CO2, valorisation du tissu économique local...
- Enjeu important pour une industrie agroalimentaire
- Comment : cartographier les flux des matières, optimiser les procédés de production, valoriser les déchets (coproduction), créer des synergies avec des acteurs locaux, repenser le packaging (emballages recyclables ou réutilisables)...
- Bénéfices : réduction des coûts de fourniture (matières premières, énergie), meilleure gestion des ressources (moins de gaspillage), génération de revenus complémentaires (revente de coproduits), ancrage territorial renforcé...
Mobilité
> Levier pour réduire les coûts et l’impact environnemental des transports (véhicules de la société, salariés, fournisseurs)
- Enjeu majeur pour une entreprise de logistique
- Comment : électrifier la flotte (véhicules et bornes de recharge), utiliser des carburants alternatifs (BioGNV, hydrogène), optimiser les tournées grâce à un logiciel TMS, repenser le "dernier kilomètre" grâce au report modal (combiné rail-route)...
- Bénéfices : baisse du budget carburant, optimisation du coût total de possession (TCO), protection contre la volatilité des marchés de l'énergie, accès aux zones à faibles émissions (ZFE) des centres-villes
- Enjeu important pour un laboratoire pharmaceutique
- Comment : optimiser les cycles de livraison / expédition, changer les véhicules (force de vente, logistique) par des modèles électriques, installer des bornes de recharge, privilégier les visioconférences, favoriser le covoiturage et les déplacements doux...
- Bénéfices : réduction des dépenses en carburant, renouvellement et maintenance des véhicules, efficacité accrue des flux logistiques, attractivité RH...
Ces quelques exemples sont loin d'embrasser l'ensemble de la thématique de la décarbonation des professionnels. Des sujets de grande ampleur sont à considérer : émissions de la chaîne de valeur (fournisseurs), empreinte carbone de la logistique ou du numérique, etc.
La confrontation entre les recommandations du bilan carbone et la stratégie de l'entreprise implique que chaque cas est différent. La trajectoire de décarbonation dépend des choix faits en fonction de la situation actuelle et des ambitions. Les problématiques et les solutions sont en effet différentes pour une société souhaitant changer son modèle de distribution avec priorité donnée au digital ou pour une industrie devant renouveler ses appareils de production pour préserver ses marges et sa compétitivité.
Structurer la gouvernance
La transition engagée est transversale et doit engager tous les services de la société : direction générale, administratif & financier, achats, RH, production, logistique, etc. L'efficacité de la gouvernance conditionne la capacité d’exécution. Le challenge des dirigeants est de trouver l'équilibre entre centralisation stratégique et décentralisation opérationnelle. Le niveau groupe définit la trajectoire, les objectifs et les règles tout en contrôlant les outils de pilotage. Les entités opérationnelles portent la mise en œuvre, font remonter les informations et appliquent les ajustements.
Plusieurs certifications offrent un cadre structurant pour organiser la démarche en interne et crédibiliser les engagements : ISO 14001 (management environnemental), ISO 14064 (comptabilité carbone certifiée), ISO 26000 (responsabilité sociétale), ISO 50001 (management de l'énergie). Elles sont un atout supplémentaire pour différencier la société de la concurrence auprès des donneurs d'ordre et des financeurs.
Digitalisation du pilotage
La décarbonation est un processus continu qui exige un suivi dynamique des émissions. Mettre en place un logiciel de pilotage carbone répond à ce besoin en automatisant la collecte des données pour calculer les émissions et repérer les dérives. Il facilite également l'auditabilité et la génération de rapports réglementaires (BEGES, CSRD) pour les directions RSE et finances.
Financement de votre décarbonation
La transition bas-carbone représente un coût brut pour l'entreprise. Qu'il faut analyser plutôt comme un investissement contrebalancé par des subventions et des bénéfices économiques directs et indirects.
Le vrai risque budgétaire n'est pas d'investir dans la décarbonation. C'est de ne pas le faire, et de se retrouver exposé à des coûts carbone croissants, des pénalités réglementaires et une perte de compétitivité.
Aides et subventions
- Certificats d'Économie d'Énergie (CEE). Financement versé par les fournisseurs d'énergie en échange d'actions d'efficacité énergétique prouvées : isolation thermique, système CVC (Chauffage, Ventilation et Climatisation)...
- ADEME. L'agence de la transition écologique propose des aides pour les études (dont le bilan carbone et l'audit énergétique) comme pour les investissements (programme PACTE Industrie, Fonds Chaleur, appels à projets...).
- France 2030. Plan d'investissement de l'État qui cible la décarbonation industrielle, les EnR, l'hydrogène décarboné, la mobilité verte et le numérique responsable, avec des appels à projets réguliers à fort potentiel de financement.
- Union européenne. De nombreuses aides, souvent cumulables avec les dispositifs nationaux, existent pour financer des projets de transition énergétique (FEDER, LIFE) ou le déploiement de technologies de décarbonation à grande échelle (Fonds pour l'innovation).
- Aides locales. Proposées par les collectivités, elles varient d'un territoire à un autre mais proposent généralement des subventions pour un audit, des travaux de rénovation ou une installation de production d'énergie renouvelable.
- Dispositifs fiscaux. Par exemple le crédit d'impôt pour les investissements industriels (Crédit d'impôt pour l'industrie verte — C3IV) ou l'achat de certains équipements écoresponsables (Suramortissement vert).
Économiser de l'argent... et en gagner
Avant d'engager des investissements lourds, mieux vaut débuter votre démarche par des actions à retour sur investissement rapide (quick wins). Déjà pour rendre concrets les effets de la décarbonation, et surtout pour financer les opérations plus structurantes.
Cette vision sur le long terme est partie prenante de la stratégie bas-carbone. Elle est suivie et validée par les services financiers de la société avant le déblocage des fonds pour passer aux étapes suivantes. Dans l'analyse financière générale de la trajectoire de décarbonation, la rentabilité intègre d'autres retombées économiques.
- Réduction des factures d'énergie. Pour un résultat égal, des équipements et des process moins énergivores nécessitent moins de ressources. Les dépenses énergétiques baissent donc en conséquence. Toutefois, si l'électrification des usages est menée de façon conséquente, alors les factures d'électricité augmentent. Mais, dans le même temps, les achats d'énergie fossile diminuent, ce qui induit une baisse des émissions de CO2 et une amélioration du bilan carbone. La balance penche ainsi en faveur de la décarbonation, surtout si des solutions comme l'autoconsommation ou un contrat PPA protègent l'entreprise contre l'instabilité des marchés.
- Performance économique. La décarbonation est d'ores et déjà un levier de rétention et de conquête de parts de marché. Certains marchés publics et appels d'offres, dans le public et le privé, exigent le respect de critères environnementaux pour participer, ou en font au moins un élément de différenciation. De plus, de nombreux grands comptes imposent désormais à leurs sous-traitants de présenter un bilan carbone et une stratégie de réduction pour maintenir leurs contrats.
- Accès à la finance verte. La notation des professionnels par les banques et les assureurs inclut des critères extra-financiers comme les preuves d'engagement RSE / ESG. Agir pour la transition énergétique bas-carbone facilite l'obtention de taux préférentiels pour des prêts, emprunts, crédits ou contrats d'assurance.
- Attractivité RH. Communiquer sur la démarche de décarbonation renforce votre marque employeur et le sentiment d'appartenance pour vos équipes. Le turnover est plus faible (baisse des coûts de recrutement) et l'activité conserve un niveau constant (moins de phases d'intégration et de formation). Vous attirez les meilleurs talents car votre positionnement est perçu comme un atout pour les candidats extérieurs. Les procédures de recrutement sont donc plus rapides et moins onéreuses.
- Valorisation de l'entreprise. Mises bout à bout, vues de près ou de loin, les actions liées à la décarbonation donnent de la valeur à la société : sécurisation des marges commerciales, consolidation des finances, rénovation des bâtiments, modernisation des matériels, optimisation des process... Les actifs mobiliers et immobiliers génèreront une plus-value lors d'une ouverture de capital ou d'une revente par exemple.
Conformité et anticipation
Après avoir listé toutes les bonnes raisons à même de vous convaincre d'engager votre entreprise dans une trajectoire de décarbonation, évoquons celles qui vous y obligent. Ou qui, pour le moment du moins, vous y incitent. Que ce soit aujourd'hui ou demain, il est inévitable — et souhaitable — que tous les professionnels franchissent le pas. Leur survie économique est en jeu, de même que notre planète et l'avenir des générations futures. L'étau des réglementations se resserre, il serait dommageable pour tous que la prise de conscience ne se fasse qu'au bord du précipice. Et nous n'en sommes plus très loin...
Bilan carbone (BEGES)
Comme vu précédemment, le caractère obligatoire porte sur le Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre (BEGES). Il s'applique aux entreprises de plus de 500 salariés (250 salariés en Outre-mer), avec mise à jour tous les 4 ans.
Audit énergétique
Qu’il soit réglementaire (obligatoire pour les entreprises de plus de 250 salariés) ou volontaire, l’audit énergétique est tout à fait pertinent dans une démarche de décarbonation. Il est le pendant du bilan carbone, identifiant pour sa part les consommations d'énergie et les gisements d’économie.
Ajustement à l'objectif 55
Le paquet Ajustement à l’objectif 55 (Fit for 55) est le moteur législatif visant à réduire les émissions de l’Union européenne de 55 % d’ici à 2030. En renforçant le marché du carbone et la taxe aux frontières (MACF), il impose une décarbonation industrielle accélérée.
CSRD
La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) astreint les professionnels assujettis à publier chaque année un rapport de durabilité standardisé aux normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards). Ce rapport intègre notamment un bilan complet des émissions de GES (Scopes 1, 2 et 3), une analyse de double matérialité (impact de l'entreprise sur l'environnement et impact de l'environnement sur l'entreprise) et un plan de transition.
Taxonomie verte
La taxonomie verte européenne définit les activités économiques durables selon leur contribution à la transition écologique. Elle donne des indicateurs pour les investisseurs, ouvrant la porte de la finance verte aux professionnels.
Décret tertiaire
L'objet du décret tertiaire est l'efficacité énergétique, un sujet qui influe sur le niveau des émissions carbone. Il fixe 3 échéances de réduction des consommations à horizon 2030 (-40 %), 2040 (-50 %) et 2050 (-60 %) selon une année de référence fixée par la société.
Référentiel SBTi
La SBTi (Science-Based Targets initiative) est un cadre volontaire mais de plus en plus attendu par les investisseurs et partenaires commerciaux. Il définit des objectifs de réduction d'émissions alignés sur la trajectoire 1,5 °C de l'Accord de Paris.
CS3D
La CS3D (Corporate Sustainability Due Diligence Directive) impose aux grandes entreprises un devoir de vigilance sur l’ensemble de leur chaîne de valeur. Elle les oblige à agir pour prévenir les atteintes aux droits humains et à l'environnement.
Se mettre en conformité dans l'urgence coûte toujours plus cher que d'anticiper. Même si les réglementations évoluent, avec des accélérations et des coups de frein, la tendance est au durcissement. Quand bien même, l'important n'est pas là pour un chef d'entreprise. Son intérêt à décarboner l'entreprise n'est pas dans la mise en conformité, même si cela compte, mais bien dans la plus-value apportée à tous les niveaux : réputationnel, commercial, économique / financier / budgétaire, RH...
Est-il réellement possible d'atteindre la neutralité carbone ?
Le concept de neutralité carbone s'applique idéalement à l'échelle mondiale. Pour une entreprise, le but est de contribuer à la neutralité planétaire, car éliminer 100 % de ses émissions est généralement impossible, notamment sur le Scope 3. Le résiduel incompressible est compensé par le financement de projets de réduction ou séquestration carbone.
La décarbonation est-elle compatible avec une activité industrielle lourde ?
Oui, c'est même un secteur crucial, ce qui explique que les aides financières sont généreuses pour décarboner les industries. Parmi les solutions les plus efficaces existent l'électrification des procédés, l'utilisation d'hydrogène vert, la récupération de chaleur fatale, etc.
Combien de temps prend la réalisation d'un bilan carbone ?
En moyenne, la démarche dure entre deux et six mois selon la taille de l'entreprise, la qualité des données disponibles et le niveau de détail souhaité. L'étape la plus longue est la collecte des données — notamment sur le Scope 3.
Comment engager vos fournisseurs dans votre stratégie de décarbonation ?
L'intégration de critères carbone dans vos appels d'offres est le levier le plus puissant. Vous pouvez en parallèle proposer des formations ou collaborer avec eux pour concevoir des solutions (matières premières, transport...) plus sobres.
Focus Décarbonation
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