Le marché de l’énergie n’est pas un marché ordinaire. Il dépend de ressources concentrées dans quelques régions du monde, d’infrastructures difficiles à remplacer rapidement, et de décisions géopolitiques qui peuvent bloquer en quelques jours des flux essentiels. C’est la raison pour laquelle les crises énergétiques se répètent depuis plus de cinquante ans, sous des formes différentes mais avec le même résultat : hausse rapide des prix, tension sur l’approvisionnement, réaction des États et nécessité, pour les entreprises, de sécuriser à la fois leur budget et la continuité de leur activité.
Les données de l’Agence internationale de l'énergie (AIE) rappellent qu’à court terme, l’offre et la demande pétrolières sont peu flexibles. Il faut du temps pour développer une nouvelle production ou changer d’équipement, ce qui impose souvent de très fortes variations de prix pour rééquilibrer le marché.
Solutions pour résister à la crise de l'énergie
La première erreur serait de croire qu’il faut toujours "attendre que ça redescende". Quand une crise énergétique est d’abord une crise de disponibilité immédiate, attendre peut coûter très cher, surtout si le contrat arrive bientôt à échéance.
La seconde erreur serait l’inverse : fixer immédiatement 100 % des besoins de long terme au point haut, comme si le niveau de prix actuel allait forcément durer plusieurs années. La bonne pratique consiste donc à adapter la couverture à l’horizon du risque.
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Le bon réflexe est défensif. Le risque dominant est celui du prix immédiat et de la mauvaise surprise budgétaire. Il faut donc sécuriser une part très importante des besoins proches, idéalement sur quelques mois, afin d’éviter de se retrouver totalement exposé au pic de marché au moment du renouvellement.
La logique n’est pas d’optimiser le dernier euro, elle est d’éviter l’accident de trésorerie. Cette recommandation est cohérente avec le fait que la crise actuelle rémunère avant tout la disponibilité physique de court terme.
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La bonne approche est plus graduelle. Il est raisonnable de commencer une pré-couverture partielle, en sécurisant d’abord le socle de consommation, puis en complétant par étapes.
Cette solution permet de réduire le risque de devoir tout acheter dans un marché encore tendu, sans figer trop tôt 100 % du portefeuille à un niveau éventuellement transitoire. Cette stratégie tient compte du fait que la crise actuelle reste plus tendue sur le court terme que sur l’horizon plus éloigné.
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La priorité n’est généralement pas de fixer massivement maintenant. Il faut surtout mettre en place une gouvernance de couverture : seuils de déclenchement, niveaux de prix jugés acceptables, règles de décision, suivi de marché, scénarios de stress.
Une couverture limitée du socle peut se justifier pour obtenir de la visibilité budgétaire, mais l’essentiel est d’éviter les décisions impulsives. La leçon de 2022 comme de 2026 est que la discipline de décision compte autant que le point de marché.
Pour une TPE
Non énergivore. L’énergie n’est pas toujours le premier poste de coût, mais une hausse rapide peut brutalement dégrader la trésorerie. La stratégie doit donc rester simple : sécuriser un prix lisible, éviter les montages complexes et piloter l’énergie comme un sujet de protection de marge. Les travaux de l’OCDE sur la crise 2022-2023 montrent que les PME ont été touchées même lorsqu’elles n’étaient pas toutes massivement consommatrices, notamment via l’inflation générale et la pression sur les coûts.
Énergivore. Le risque devient beaucoup plus élevé. Une hausse forte et rapide peut remettre en cause la continuité d’exploitation. La stratégie doit alors être très prudente : couverture rapide du court terme, travail immédiat sur les usages, la puissance, les horaires, l’efficacité et les dispositifs d’aide. Pour ce profil, l’enjeu principal n’est pas d’acheter "au meilleur prix absolu", mais d’éviter que la facture ne mette en danger l’entreprise.
Pour une PME
Non énergivore. Le sujet est avant tout budgétaire et commercial. Le cap général est d'éviter les à-coups, de préserver la marge et de se donner un peu de visibilité. Une pré-couverture progressive et un suivi régulier suffisent souvent, à condition qu’ils soient disciplinés. Les solutions à la crise énergétique de 2022 ont bien montré que la stabilité budgétaire est un enjeu central pour les entreprises, même hors industrie lourde.
Énergivore. Deux logiques sont à combiner : couvrir le risque de prix et réduire l’exposition structurelle. Cela suppose une couverture par étapes, mais également un travail sur les procédés, la flexibilité, l’efficacité énergétique, voire l’autoproduction ou les contrats de plus long terme quand ils sont pertinents. Les enseignements de 2022-2023 sont clairs : quand l’intensité énergétique est forte, la couverture seule ne suffit pas. Il faut aussi travailler le modèle de consommation.
Pour une ETI
Non énergivore. L’enjeu est souvent la gouvernance. Il y a plusieurs sites, plusieurs décideurs, parfois plusieurs pays. Le risque principal n’est pas uniquement le prix, mais la désorganisation des décisions. Il faut donc formaliser des règles : qui décide, sur quels seuils, avec quelles échéances et quel reporting. C’est la condition pour éviter les arbitrages improvisés dans les moments de tension.
Énergivore. L’énergie devient un sujet de pilotage stratégique. Elle affecte la marge, le plan de charge, les investissements et occasionnellement la compétitivité export. L’entreprise doit donc penser en horizons distincts : sécurisation du court terme, achats échelonnés sur 12 à 24 mois, analyse de la flexibilité et travail sur la réduction structurelle de l’exposition. C’est le profil pour lequel l’expérience de 2022 doit être conservée comme un cadre de gestion durable.
Pour une grande entreprise
Non énergivore. Le sujet n’est pas toujours vital sur un site donné. Cependant, il le devient à l’échelle du groupe, notamment via les transports, les achats indirects et les chaînes d’approvisionnement. Il faut donc piloter le portefeuille d’exposition global, pas seulement chaque contrat isolément. La centralisation de la gouvernance et la segmentation des risques deviennent alors essentielles.
Énergivore. La crise énergétique est un sujet complet de gestion des risques. Elle touche autant les achats physiques, les marchés, les appels de marge, la logistique, la production que les investissements. Il faut une stratégie de couverture par couches, des scénarios de stress, une revue de la chaîne d’approvisionnement, ainsi qu’une trajectoire de réduction structurelle de l’exposition. Dans ce type d’organisation, l’énergie ne peut plus être gérée comme une simple ligne achat. Elle devient un sujet de direction générale et de finance.
Historique des crises énergétiques
Depuis 1973, le système énergétique mondial a été marqué par des crises successives. L’embargo arabe de 1973-1974 a combiné blocus pétrolier et baisse de production, provoquant une forte pénurie et une envolée des prix. Cette crise a d’ailleurs conduit à la création de l’AIE en 1974. La révolution iranienne de 1978-1979 a ensuite fait chuter brutalement sa production. La guerre du Golfe de 1990-1991 a retiré plus de 4 millions de barils par jour du marché mondial. En 2005, les ouragans Katrina et Rita ont rappelé qu’un choc peut aussi venir d’un événement climatique frappant les infrastructures. En 2022, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a déclenché ce que l’AIE qualifie de première crise énergétique véritablement mondiale. La crise d’Ormuz de 2026 constitue un nouveau jalon, car elle combine géopolitique, contrainte physique et choc logistique global.
Enseignements
Cette succession de crises montre qu’il est trompeur d’attendre un "retour durable à la stabilité". Ce n'est pas une solution viable car le marché de l’énergie est structurellement volatil. Et ce, pour quatre raisons principales.
- Les réserves et les flux sont concentrés dans quelques zones sensibles
- Les infrastructures sont rigides : un terminal, un gazoduc, une raffinerie ou un détroit ne se remplacent pas en quelques jours
- L’offre et la demande s’ajustent lentement à court terme, ce qui amplifie les variations de prix
- La transition énergétique ne supprime pas cette volatilité, elle la transforme. L’Europe reste très dépendante des importations fossiles pendant la transition, même si la réponse de long terme passe justement par plus d’énergie locale, renouvelable et nucléaire.
Caractéristiques de la crise énergétique de 2022
Structurellement, la crise de 2022 n’est pas seulement une hausse de prix. C’est la collision entre une dépendance forte au gaz importé, un choc géopolitique majeur, et un système électrique européen dont le prix se forme souvent sur la dernière centrale appelée, très souvent au gaz. Autrement dit : un choc sur le gaz est devenu un choc sur toute l’énergie.
Le premier étage de la crise est la fragilité amont. Avant même l’invasion de l’Ukraine, le marché européen du gaz était déjà tendu. Les stocks étaient à leur plus bas niveau depuis près d’une décennie à la fin de la saison de remplissage 2021, dans un contexte que l’AIE décrit comme marqué par une forme de "rareté artificielle". L’Europe était en outre structurellement dépendante de la Russie : en 2021, l’UE importait 45 % de son gaz (et près de 40 % de sa consommation) de Russie.
Le deuxième étage est la faible flexibilité de remplacement à court terme. Sur le papier, l’Europe pouvait compenser une partie du gaz russe par du GNL. En pratique, ce remplacement était coûteux et limité par la concurrence mondiale pour les cargaisons, les capacités de regazéification et la logistique. L’AIE montre qu’en 2022, l’Europe a attiré massivement du GNL en détournant des volumes qui allaient auparavant vers l’Asie et l’Amérique latine, tandis que l’utilisation des terminaux de regazéification en Europe du Nord-Ouest a frôlé 90 % de leur capacité nominale fin 2022. Cela veut dire qu’on pouvait remplacer une partie du gaz russe, mais au prix d’une flambée des prix.
Le troisième étage est le mécanisme de transmission à l’électricité. En Europe, le gaz ne représente pas toute la production électrique, mais il fixe souvent le prix marginal. Quand la dernière centrale nécessaire pour équilibrer le système est une centrale à gaz, c’est elle qui donne le prix du marché. La Banque centrale européenne (BCE) souligne que la hausse du gaz a été le facteur dominant de la hausse du coût de production des centrales à gaz, et donc de la flambée des prix de gros de l’électricité. C’est la raison pour laquelle une crise gazière s’est transformée en crise électrique généralisée.
Le quatrième étage, c’est que l’Europe a subi simultanément une baisse des amortisseurs non fossiles. En France, la disponibilité moyenne du parc nucléaire est tombée à 54 % en 2022, contre 63 % en 2023 et 73 % en moyenne sur 2015-2019, sous l’effet notamment de la corrosion sous contrainte et de maintenances perturbées. En parallèle, l’hydraulique français est tombé à son plus bas niveau depuis 1976 à cause de la sécheresse. Côté éolien, 2021 avait déjà été marquée par des vents nettement inférieurs à la normale en Europe du Nord-Ouest. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) relève qu’en France la vitesse moyenne du vent en 2022 a pesé sur le facteur de charge, au plus bas depuis dix ans. Le point clé est simple : au moment où chaque MWh non gazier comptait, plusieurs sources alternatives ont sous-performé.
Le cinquième étage est la diffusion financière et macroéconomique. Quand les prix Spot et forward explosent, ce n’est pas seulement la facture finale qui monte. Les besoins de couverture et de collatéral augmentent aussi brutalement pour les énergéticiens et certains industriels. La Commission européenne a d’ailleurs dû proposer des mesures spécifiques pour soulager les tensions de liquidité sur les marchés dérivés de l’énergie. En parallèle, la BCE note que l’énergie est devenue le principal moteur de l’inflation en zone euro. La crise énergétique s’est donc propagée à l’industrie, à la trésorerie, aux prix de vente et au coût du capital.
En résumé, la crise 2022 est une crise alliant dépendance au gaz russe, rareté physique sur un marché déjà tendu, puis transmission quasi mécanique à l’électricité via le prix marginal. Le tout aggravé par la faiblesse du nucléaire français, de l’hydraulique et, dans une moindre mesure, de l’éolien.
Caractéristiques de la crise énergétique de 2026
La crise de 2026 autour du détroit d’Ormuz s’inscrit dans une histoire longue, mais avec une caractéristique propre : elle ressemble d’abord à un choc physique immédiat sur les flux mondiaux de pétrole, de produits raffinés et de gaz naturel liquéfié. En 2025, près de 20 mb/j (millions de barils par jour) de pétrole et de produits pétroliers ont transité par Ormuz, soit approximativement un quart du commerce maritime mondial de pétrole, ainsi qu’une part importante du commerce mondial de GNL. Les routes alternatives disponibles ne représentent qu’environ 3,5 à 5,5 mb/j, principalement via l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. En cas de fermeture ou de forte perturbation, le marché perd donc immédiatement une partie massive de sa fluidité.
C’est exactement ce que le marché traite aujourd’hui. Le rapport mensuel de l’AIE du 12 mars 2026 indique que les flux par Ormuz sont tombés d’environ 20 mb/j à presque rien, et que les pays du Golfe ont réduit leur production d’au moins 10 mb/j. L'agence Reuters considère cette crise comme la plus grande perturbation d’offre de l’histoire du marché pétrolier. Pour y répondre, l'AIE et ses pays membres ont décidé une libération coordonnée record de 400 millions de barils depuis les stocks d’urgence. Dont 14,5 millions puisés par la France dans ses réserves, estimées à 100 millions de barils.
Ça chauffe pour le gaz
Pour l’Europe, l’effet ne passe pas uniquement par le pétrole. La guerre a aussi bouleversé le commerce du GNL et fait monter de plus de 50 % les prix européens du gaz depuis le début du conflit. La Commission européenne prépare donc des mesures d’urgence pour limiter l’impact sur les factures : aides d’État, baisses de taxes, réflexion sur le marché carbone et, à plus long terme, accélération des énergies locales bas-carbone.
Le marché paie aujourd’hui très cher l’énergie disponible immédiatement. Les acteurs ne disent pas forcément que le pétrole ou le gaz vont durablement rester au même niveau dans deux ans. Ils disent d’abord que la molécule disponible aujourd’hui vaut beaucoup plus que la molécule disponible plus tard, parce que le risque immédiat est la rupture physique. C’est la logique classique d’une crise de court terme.
Crise de l'énergie : ressemblances et différences entre 2022 et 2026
Les crises énergétiques de 2022 et 2026 ont plusieurs points communs. Dans les deux cas, le choc vient de la géopolitique. Dans les deux cas, la hausse des prix se transmet vite au pouvoir d’achat, aux coûts industriels et aux finances publiques. Dans les deux cas, les gouvernements réagissent par des solutions d’urgence pour sécuriser l’approvisionnement en énergie et limiter l’impact sur les consommateurs et les entreprises. L’Union européenne rappelle que, face à la crise 2022, elle a agi sur cinq axes : diversification des approvisionnements, remplissage des réserves, baisse des factures, solidarité entre États membres et mécanismes anti-pics de prix.
La différence essentielle est la nature du choc. En 2022, la crise était surtout une crise européenne du gaz et de l’électricité, liée à la rupture avec la Russie. L’AIE décrit 2022 comme la première crise énergétique mondiale, et son rapport sur le marché du gaz précise que 2022-2023 a constitué le choc d’offre gazier le plus sévère de l’histoire. Le Conseil de l’UE rappelle qu’au plus fort de la crise, le gaz en Europe a dépassé 300 €/MWh, avant de retomber fortement fin 2022 et en 2023.
En 2026, la crise est d’abord un choc mondial de flux physiques sur le pétrole, les produits raffinés et le GNL. Elle est plus logistique et plus immédiate. En 2022, l’Europe devait durablement remplacer un grand fournisseur. En 2026, le marché doit d’abord gérer une interruption brutale d’un corridor mondial. Cela ne veut pas dire que la crise actuelle sera courte avec certitude, mais que sa structure est différente. Et que la bonne réponse pour une entreprise n’est pas la même.
- 2022 imposait de reconstruire une stratégie énergétique
- 2026 impose de protéger le court terme sans perdre la discipline du long terme
À chaque entreprise ses solutions contre la crise de l'énergie
Le marché de l’énergie est historiquement traversé par des crises depuis 1973, et il restera, probablement, durablement instable. Non pas parce qu’il serait mal conçu en permanence. Mais parce qu’il dépend de ressources concentrées, d’infrastructures rigides, de délais d’ajustement longs et de chocs géopolitiques répétés.
La crise de 2022 a surtout été une crise européenne de reconfiguration structurelle du gaz et de l’électricité. La crise de 2026 est, à ce stade, avant tout une crise mondiale de disponibilité immédiate sur le pétrole, les carburants et le GNL. Cela signifie que l’entreprise ne doit ni rester totalement ouverte au marché dans le très court terme, ni verrouiller trop vite tout son long terme au plus haut.
La ligne d’action pour votre stratégie d'achat d'énergie est simple : plus l’échéance contractuelle est proche, plus la couverture doit être défensive. Plus l’horizon est long, plus la décision doit être graduelle et gouvernée. Et surtout, plus l’entreprise est énergivore, plus elle doit traiter l’énergie comme un risque stratégique. Plus elle est petite, plus elle doit privilégier simplicité, visibilité budgétaire et protection de trésorerie.
Est-il pertinent de verrouiller mes tarifs sur les 3 prochaines années dès maintenant ?
Pas nécessairement. Fixer 100 % de vos besoins à long terme au sommet d'une crise logistique pourrait vous pénaliser si les tensions s'apaisent. La bonne pratique consiste à mettre en place une couverture graduelle. Commencez par sécuriser un "socle" de consommation, puis complétez votre portefeuille par étapes en fonction de l'évolution des indicateurs de marché.
Comment le PPA peut-il protéger mon bilan carbone et ma facture ?
Le PPA (Power Purchase Agreement : contrat d'achat direct d'énergie renouvelable) est un outil de décarbonation majeur qui offre une visibilité de prix sur 10 à 20 ans. En vous approvisionnant directement auprès d'un parc éolien ou solaire, vous vous affranchissez de la volatilité des marchés fossiles tout en garantissant l'origine verte de votre électricité. C'est le lien direct entre stabilité financière et neutralité carbone.
Quel est l'intérêt de l'autoconsommation dans ce contexte ?
Produire sa propre énergie est la réponse la plus directe à la rigidité des infrastructures de réseau. Grâce au photovoltaïque ou à l'éolien par exemple, vous réduisez votre dépendance aux importations fossiles. Chaque kilowattheure produit sur site est un kilowattheure qui n'est pas soumis aux taxes, aux frais de transport, ni aux aléas géopolitiques.
Pourquoi l'Energy Management est-il devenu indispensable ?
On ne gère bien que ce que l'on mesure. Un logiciel de pilotage énergétique (Energy Management System) permet d'identifier les dérives de consommation en temps réel et d'automatiser l'effacement (réduction de charge lors des pics de prix). Pour les entreprises énergivores, ce travail sur les usages et la flexibilité est souvent plus efficace, bien que complémentaire, qu'une simple renégociation de contrat pour préserver les marges.
Existe-t-il un lien direct entre ma stratégie de décarbonation et ma résilience énergétique ?
Absolument. Énergie et carbone sont perçus comme deux sujets distincts dans beaucoup d'entreprises, c'est une erreur structurelle. La décarbonation n'est pas qu'une contrainte RSE, c'est une stratégie de réduction de risque. Moins votre entreprise dépend des énergies carbonées, moins elle est vulnérable aux chocs géopolitiques mondiaux. Un bilan carbone complet révèle vos dépendances énergétiques cachées, notamment dans votre chaîne logistique (Scope 3), pour mieux les anticiper.
Comment l'économie circulaire peut-elle réduire ma facture énergétique ?
La circularité permet de valoriser les déchets en ressources, mais aussi l'énergie perdue. La récupération de chaleur fatale (chaleur dégagée par vos processus industriels ou vos serveurs informatiques) pour chauffer vos bâtiments est un levier de décarbonation à fort ROI. En réutilisant l'énergie déjà payée, vous diminuez mécaniquement votre exposition aux marchés extérieurs.
Quelle gouvernance mettre en place pour piloter ces risques au niveau de la direction ?
L'énergie ne doit plus être traitée comme une simple ligne d'achat, mais comme un sujet de direction financière et générale. Pour les ETI et grandes entreprises, il est crucial de formaliser des règles de décision claires : seuils de déclenchement d'achat, scénarios de stress-test et reporting régulier sur l'exposition globale du groupe.
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